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La nomination d’un ancien joueur de football universitaire à la tête de la politique numérique américaine avait de quoi intriguer le secteur. En désignant Bo Hines comme directeur exécutif d’un tout nouveau conseil dédié aux actifs numériques, le président élu Donald Trump affiche une ambition claire pour les cryptomonnaies. L’annonce, relayée sur son réseau Truth Social en décembre 2024, précise les contours d’une administration entrante résolument favorable à la blockchain.
Ce Conseil présidentiel des conseillers pour les actifs numériques, surnommé le Crypto Council, doit servir de courroie entre le gouvernement et une industrie longtemps tenue à distance de Washington. Sa création survient alors que le bitcoin vient d’inscrire un record supérieur à 108 000 dollars à la mi-décembre 2024. Quel rôle exact ce conseil jouera-t-il dans la future politique crypto des États-Unis ?
Qui est Bo Hines, le nouveau directeur exécutif
Diplômé de Yale et âgé de seulement 29 ans, Bo Hines arrive à ce poste avec un profil atypique. Passé par les terrains de football universitaire, à North Carolina State avant de rejoindre Yale, il s’était présenté sans succès aux élections législatives de 2022 en Caroline du Nord. Fort de ce parcours politique encore jeune, il ne dispose que d’une expérience limitée du secteur crypto. Son choix a d’ailleurs suscité des interrogations parmi les acteurs de l’industrie.
Le nouveau directeur exécutif a exprimé son enthousiasme à l’idée de voir émerger un marché du bitcoin robuste, présenté comme un moteur d’avancées technologiques pour le pays. Sa feuille de route consiste à établir un lien direct entre le gouvernement et le secteur, afin de favoriser des règles ouvertes à l’innovation. Il ne mènera toutefois pas la manœuvre seul.
David Sacks, le czar qui chapeaute le dispositif
Au-dessus de Hines se trouve David Sacks, ancien dirigeant de PayPal, que Trump a désigné comme le tout premier czar de l’intelligence artificielle et des cryptomonnaies à la Maison-Blanche. Figure reconnue de la Silicon Valley, il incarne le pont entre la tech et le pouvoir politique. Sa mission couvre deux domaines que l’administration entrante juge stratégiques.
Dans ce rôle important, David guidera la politique de l’administration en matière d’intelligence artificielle et de cryptomonnaie, deux domaines essentiels à la compétitivité future des États-Unis.
Donald Trump, déclaration annonçant la nomination de David Sacks, 5 décembre 2024
Le rapprochement de l’IA et de la crypto sous une même autorité traduit une vision de convergence technologique. Sacks et Hines devront coordonner leur action avec le Congrès et les agences fédérales pour bâtir un cadre cohérent, là où régnait jusqu’ici une mosaïque de décisions parfois contradictoires. Trump avait fait de la promesse de transformer les États-Unis en capitale mondiale de la crypto un argument de campagne, que ce conseil doit désormais concrétiser.
Une équipe élargie à la science et à l’intelligence artificielle
La stratégie de Trump ne se limite pas au duo Hines-Sacks. Plusieurs nominations complètent l’architecture technologique de la future administration, chacune sur un pan précis de l’innovation :
- Michael J. K. Kratsios, ancien directeur de la technologie des États-Unis lors du premier mandat Trump, pressenti pour diriger le Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche ;
- Lynne Parker, spécialiste reconnue de l’intelligence artificielle, désignée directrice exécutive du Conseil présidentiel des conseillers pour la science et la technologie ;
- Sriram Krishnan, issu du capital-risque après un passage chez le fonds Andreessen Horowitz, appelé à conseiller le pouvoir sur les politiques d’intelligence artificielle.
Cet ensemble de profils dessine une administration tournée vers la technologie, où crypto et IA avancent de front. Le message adressé au secteur est celui d’une porte enfin ouverte à Washington.
La mission affichée du conseil
Le Crypto Council doit produire des initiatives couvrant à la fois l’intelligence artificielle et les actifs numériques, dans une logique de synergie assumée. Son objectif est de stimuler le développement économique en donnant aux acteurs du secteur les outils réglementaires qui leur manquaient. Le conseil doit aussi offrir un interlocuteur unique à une industrie qui réclamait de longue date un point de contact clair au sommet de l’État. Trump insiste sur la nécessité de préserver la suprématie technologique américaine.
Cette approche rompt avec les années précédentes, marquées par une défiance des régulateurs. Le combat mené par certaines entreprises, à l’image de la plateforme Coinbase face à la SEC, illustrait le climat conflictuel qui prévalait encore récemment. Le conseil ambitionne d’y substituer un dialogue institutionnalisé.
Un signal envoyé à un marché encore instable
L’établissement du conseil intervient dans un contexte de fortes fluctuations, le marché des cryptomonnaies restant sensible au moindre changement de cap. Le bitcoin avait franchi pour la première fois la barre des 100 000 dollars au début du mois de décembre 2024, porté par l’espoir d’une administration accueillante. Après son record de mi-décembre, il a connu un net mouvement de repli, rappelant la nervosité des investisseurs. La perspective d’un cadre stable est précisément ce que beaucoup attendent.
Les engagements de campagne de Trump, dont un plan de réserve stratégique de bitcoins, avaient déjà nourri les espoirs du secteur. La récente décision de justice annulant les sanctions contre un protocole de confidentialité a renforcé le sentiment d’un vent réglementaire plus favorable. Le conseil s’inscrit dans cette dynamique.
Ce que la structuration du conseil laisse entrevoir
La composition de cette équipe dessine une orientation nette : faire de l’innovation numérique un pilier de la politique américaine du second mandat. Reste à savoir si des responsables peu rompus aux arcanes de la crypto sauront transformer l’élan politique en règles applicables. Les premiers mois de fonction seront scrutés de près.
L’impact de ces nominations se mesurera autant sur la scène intérieure que dans la compétition technologique mondiale. La capacité du conseil à concilier innovation, protection des investisseurs et clarté juridique déterminera la crédibilité de la démarche, à l’heure où d’autres puissances avancent leurs propres pions.

