Prévisions boursières Nvidia pour 2040 et 2050 : jusqu’où peut-elle aller ?

À 214 dollars et 5 280 milliards de capitalisation, où peut aller NVDA d'ici 2040 et 2050 ? Cadre de discussion patrimoniale à partir des rendements historiques du S&P 500 et du NASDAQ-100 Technology.

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NVIDIA cote autour de 214 dollars par action et affiche au 27 mai 2026 une capitalisation boursière proche de 5 280 milliards de dollars, ce qui en fait la première entreprise cotée au monde devant Microsoft et Apple. Le géant californien a quitté depuis longtemps son périmètre d’origine de fabricant de cartes graphiques pour devenir le socle matériel et logiciel de l’intelligence artificielle générative, des centres de données et des plateformes de robotique.

Projeter le cours du titre NVDA à l’horizon 2040 ou 2050 a quelque chose de vertigineux. Il s’agit moins d’une prophétie boursière que d’un exercice de cadrage patrimonial, pensé pour confronter une trajectoire passée à des références de marché stables. Quel ordre de grandeur peut espérer un investisseur européen qui détient ou veut détenir l’action NVIDIA sur deux à trois décennies ?

D’un fabricant de cartes graphiques au socle de l’IA

NVIDIA a fait ses débuts au Nasdaq le 22 janvier 1999, à un cours initial de 12 dollars. Le titre incarnait alors l’industrie naissante des GPU pour le jeu vidéo, et personne ne voyait dans la société un futur poids lourd de l’économie numérique mondiale. La période 2016 à début 2024 a transformé cette trajectoire en un cycle haussier exceptionnel de plus de 11 800 %, porté par la demande des centres de données et l’irruption de l’IA générative.

Le portefeuille technologique de NVIDIA s’est élargi bien au-delà des GPU GeForce. La société pilote la plateforme CUDA, qui domine le calcul parallèle GPU dans la recherche scientifique, le moteur TensorRT pour l’inférence d’IA, la plateforme Drive pour les véhicules autonomes et l’écosystème Omniverse pour la simulation 3D. Chacune de ces lignes génère désormais des revenus récurrents qui diversifient le risque opérationnel sans diluer le cœur de la franchise.

Cette densification s’est traduite par une bascule comptable rare. Le segment Data Center, qui représentait moins de 25 % du chiffre d’affaires en 2018, en pèse aujourd’hui plus des trois quarts, selon les rapports trimestriels publiés par la société. Le titre n’est plus un proxy du marché des jeux vidéo, c’est un proxy de la dépense d’infrastructure IA des grands hyperscalers.

Centre de données moderne illustrant l'infrastructure d'IA de NVIDIA
La bascule de l’activité NVIDIA vers les centres de données et l’IA est devenue le moteur dominant de sa croissance boursière.

Six fractionnements en vingt-cinq ans

Pour rester lisible par les particuliers malgré la flambée du cours, NVIDIA a fractionné son action six fois depuis son IPO, avec un cumul équivalent à un découpage de 480 pour 1.

  • 27 juin 2000 : split deux pour un, un an et demi après l’IPO ;
  • 11 septembre 2001 : split deux pour un, à un moment de marché difficile ;
  • 7 avril 2006 : split deux pour un, sous forme de dividende en actions ;
  • 11 septembre 2007 : split trois pour deux, ajustement plus fin ;
  • 19 juillet 2021 : split quatre pour un, dans le sillage de la première vague IA ;
  • 10 juin 2024 : split dix pour un, après le rallye lié à l’IA générative.

Aucun fractionnement ne crée de richesse en soi, c’est un découpage comptable, mais chaque opération a élargi le cercle des détenteurs particuliers et soutenu la liquidité du titre. Sans aucun split, le cours actuel dépasserait 100 000 dollars par action, niveau qui aurait rendu NVDA inaccessible aux portefeuilles individuels.

Trois régimes de marché pour cadrer la projection

Pour projeter NVDA à l’horizon 2040 ou 2050, l’approche la plus honnête repose sur trois références de rendement annualisé clairement bornées. Aucune ne prétend décrire l’avenir, chacune sert d’ancrage de discussion patrimoniale.

Un scénario conservateur retient un rythme de 5 % par an, calé sur la croissance moyenne de l’économie mondiale en valeur. Un scénario central applique la performance historique du S&P 500, soit 11,13 % par an dividendes réinvestis sur cinquante ans. Un scénario haussier reprend la performance de l’indice First Trust NASDAQ-100 Technology (QTEC), qui affiche un TCAC d’environ 15,2 % depuis sa création en 2006. Ces trois bornes encadrent un éventail crédible pour un actif tech mature.

Horizon 2040 et 2050 selon les références

Le tableau ci-dessous applique ces trois régimes au cours actuel de 213,95 dollars, sans hypothèse de rachat d’actions ni d’événement exogène. Il ne s’agit pas d’un objectif de cours, mais d’un cadre de discussion pour un portefeuille de très long terme.

HorizonScénario 5 %/anS&P 500 (11,13 %/an)NASDAQ-100 Tech (15,2 %/an)
Aujourd’hui (mai 2026)214 $214 $214 $
2030260 $326 $377 $
2040424 $937 $1 551 $
2050690 $2 693 $6 385 $

Le scénario S&P 500 multiplie le cours par environ 4,4 d’ici 2040 et par 12,6 d’ici 2050. Le scénario NASDAQ-100 Tech reste utile comme borne haute théorique, mais il faut garder en tête qu’un prolongement de 15,2 % sur vingt-cinq ans porterait la capitalisation de NVIDIA au-dessus de 150 000 milliards de dollars, soit plus que le PIB mondial actuel. Sur un acteur déjà dominant, la borne haute n’est pas un objectif crédible.

La doctrine d’accélération chère à Jensen Huang

Au fond, projeter NVIDIA à vingt-cinq ans revient à parier sur la doctrine d’accélération portée par son fondateur depuis l’origine de la société. Jensen Huang a résumé cette vision dans une formule devenue célèbre lors d’une keynote en 2017, en référence à la prophétie de Marc Andreessen sur la place du logiciel dans l’économie.

Le logiciel a dévoré le monde, mais l’intelligence artificielle va dévorer le logiciel.

Jensen Huang, président de NVIDIA, keynote au GPU Technology Conference, mai 2017

Cette phrase explique en partie pourquoi le titre a longtemps cotisé à des multiples élevés alors que les bénéfices restaient modestes. La société a investi massivement dans le calcul accéléré, les bibliothèques logicielles et l’écosystème de développeurs, avant de transformer cette dépense en marges très supérieures à la moyenne du secteur. Le coût pour l’actionnaire patient a été une volatilité forte, le bénéfice, un effet boule de neige sur deux décennies.

Cette mécanique ne suffit pas à garantir la suite. Le procès antitrust ouvert par la Commission européenne en 2024 sur les pratiques contractuelles de CUDA, la montée des accélérateurs concurrents chez AMD et chez les hyperscalers eux-mêmes, et la cyclicité forte du marché des semi-conducteurs rappellent qu’aucune position dominante n’est éternelle. Comme l’illustrent les stratégies de diversification couvertes en patrimoine global, le bon réflexe n’est jamais de concentrer toute une épargne sur un seul nom.

Une action unique ne fait pas un patrimoine

La discipline des projections ne dispense pas de la règle de base d’une allocation diversifiée. Détenir 100 % de son épargne actions sur NVDA reviendrait à parier sur une seule équipe dirigeante, une seule technologie et une seule géographie, alors même que l’évolution réglementaire américaine et européenne sur l’IA reste en chantier permanent. Une décision antitrust défavorable, un changement de cycle des dépenses IA chez les grands acheteurs ou une percée d’un concurrent peuvent peser lourd sur le titre.

L’investisseur français qui détient NVDA doit aussi composer avec la fiscalité et l’enveloppe. Le titre n’est éligible ni au PEA, ni au PEA-PME, et seule la voie du compte-titres ordinaire ou de l’assurance vie via unités de compte permet d’y accéder en pratique, comme le détaille le comparatif CTO contre PEA en bourse. À horizon 2050, la question patrimoniale décisive ne sera pas tant la valeur exacte de NVDA, mais la place qu’on aura su lui laisser dans un ensemble plus large, capable d’encaisser un long passage à vide sans déstabiliser le projet global.

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