Jour 827 sur 900 : le compteur qui fait dire que le creux de Bitcoin est proche

Bitcoin repasse au-dessus de 65 000 dollars pendant que le pétrole décroche, mais c'est un décompte de jours depuis le dernier halving qui occupe les analystes. La Fed tranche mercredi.

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Le marché a repris des couleurs lundi. Bitcoin est repassé au-dessus de 65 000 dollars, à environ 65 274 dollars, en hausse de 1,2 % sur vingt-quatre heures, pendant que les États-Unis et l’Iran suspendaient leurs frappes pour la deuxième journée consécutive. Le pétrole a décroché de près de 5 % dans la foulée, et les actifs risqués en ont profité.

Un décompte plus technique a pourtant retenu l’attention. Le halving, cette division par deux de la récompense versée aux mineurs de Bitcoin tous les quatre ans environ, sert de point de repère pour dater les phases du marché depuis 2012. 827 jours se sont écoulés depuis le dernier halving, quand la moyenne historique situe le creux du marché baissier aux alentours du neuf-centième jour.

Les deux calendriers, géopolitique et monétaire, se télescopent à quarante-huit heures d’une réunion de la Réserve fédérale américaine. Un compteur d’ancienneté suffit-il à annoncer un plancher ?

Ce que mesure vraiment le compteur des 900 jours

Le raisonnement repose sur une régularité observée sur les trois cycles précédents. Entre chaque halving et le point bas du marché baissier qui suit, il s’est écoulé à chaque fois un intervalle proche de 900 jours. Le cycle en cours en est au 827e, ce qui laisse une fenêtre d’environ deux mois avant que la moyenne historique ne soit atteinte.

La mesure vient d’Alphractal, une société d’analyse de données on-chain dont le fondateur a détaillé le calcul sur X. Le raisonnement a l’avantage d’être vérifiable et daté, ce qui le distingue des prévisions de cours habituelles. Il a aussi une faiblesse évidente : trois cycles ne font pas une loi statistique, et rien n’oblige le quatrième à respecter la cadence des précédents.

Le délai entre chaque halving de Bitcoin et le creux du marché baissier suivant a été d’environ 900 jours. Le cycle actuel en est déjà à son 827e jour. Sur la base de ce schéma, Bitcoin est déjà en train de construire son plancher, avec un creux final possible d’ici deux mois.

Joao Wedson, fondateur et directeur général d’Alphractal, sur X, propos rapportés par CoinDesk le 27 juillet 2026

Le débat n’est pas neuf. La thèse de la fin du cycle quadriennal circule depuis que les flux institutionnels et la liquidité mondiale sont devenus des moteurs de prix au moins aussi puissants que l’offre de nouveaux bitcoins. Un halving retire aujourd’hui bien moins d’offre nette qu’il n’en retirait en 2016, simplement parce que le stock en circulation a grossi.

Un rebond qui doit beaucoup au pétrole

La hausse de lundi ne vient pas du secteur crypto. Les contrats à terme sur le brut américain ont ouvert en baisse d’environ 5 % autour de 85 dollars, tandis que le Brent cédait 4,7 % à 92,19 dollars. Un baril moins cher desserre l’étau sur l’inflation, et desserrer l’étau sur l’inflation change tout pour les actifs sensibles aux taux.

Le reste des marchés a suivi la même logique. Les contrats sur le Nasdaq et le S&P 500 ont gagné un demi-point, le dollar australien et l’euro se sont appréciés face au billet vert. Le bitcoin s’est comporté comme un actif risqué parmi d’autres, ce qui reste la meilleure description de son comportement depuis le début de la guerre déclenchée fin février.

La Fed, seul vrai rendez-vous de la semaine

Le calendrier des prochains jours est bien plus étroit que celui du halving. La Réserve fédérale américaine se réunit les 28 et 29 juillet, et les marchés attribuent une probabilité de 36,3 % à une hausse de taux d’un quart de point. Une hausse, pas une baisse : la configuration est inhabituelle et suffit à expliquer la prudence ambiante.

Selon Vikram Subburaj, directeur général de la plateforme indienne Giottus, dans un courriel adressé à CoinDesk, la détente sur le brut a effacé une partie des craintes inflationnistes, mais la réunion de la banque centrale reste le risque immédiat. Deux séances séparent le marché de cette réponse, quand le compteur post-halving raisonne, lui, en trimestres.

Les signaux du jour, alignés ou non

Le tableau de lundi mêle des indicateurs qui vont dans le même sens et d’autres qui rappellent la fragilité de l’ensemble. Voici les mouvements relevés en séance :

  • le brut américain recule d’environ 5 % autour de 85 dollars le baril ;
  • le Brent cède 4,7 % pour revenir à 92,19 dollars ;
  • les contrats à terme sur le Nasdaq et le S&P 500 progressent d’un demi-point ;
  • le dollar australien et l’euro gagnent du terrain face au dollar américain.

Ces quatre mouvements racontent la même histoire, celle d’un appétit pour le risque qui revient parce que le prix de l’énergie recule. Aucun d’eux ne dit quoi que ce soit du bitcoin lui-même, de son offre, de son usage ou de sa détention.

La distinction compte, parce que c’est elle qui sépare un rebond de marché d’un retournement de cycle. Le premier se défait en une séance, le second met des mois à se confirmer, et la part de bitcoins détenus en perte reste l’un des rares indicateurs à raisonner sur cette seconde échelle.

Ether devant bitcoin, sans rotation générale

La séance a surtout profité à l’ether, en hausse de plus de 3 % pour approcher 1 950 dollars, quand Solana et XRP se contentaient de 1 à 2 %. Cette surperformance est souvent lue comme le signal avant-coureur d’une rotation vers les altcoins, un schéma qui a nourri bien des espoirs déçus. La domination du bitcoin reste pourtant à 58,6 %, un niveau qui contredit l’hypothèse d’un basculement large.

Le détail a son importance pour qui regarde au-delà de la séance. Une surperformance de l’ether sur une journée relève du bruit ; une érosion durable de la domination du bitcoin relèverait d’un changement de régime. Rien dans les chiffres de lundi ne permet de trancher entre les deux.

Ce qu’un compteur ne dira jamais

Les repères chiffrés rassurent parce qu’ils transforment une incertitude en calendrier. Le compteur post-halving a cette vertu et ce défaut à la fois : il donne une échéance là où il n’y a qu’une régularité passée, et il ne dit rien du prix auquel ce plancher se formerait. Savoir qu’un creux approche n’indique ni son niveau, ni sa durée, ni ce qui viendra après.

Le marché a d’ailleurs une longue habitude des verdicts prématurés, dans un sens comme dans l’autre. Le décompte des nécrologies du bitcoin en tient la comptabilité depuis plus de dix ans, et les annonces de plancher n’ont pas mieux vieilli que les annonces de fin.

Reste la question que ni la géopolitique ni les statistiques de cycle ne tranchent : la psychologie qui sépare détenteurs et spéculateurs pèse souvent davantage sur un résultat de portefeuille que la date exacte d’un point bas. Les deux prochains mois diront si le schéma tient, et la réunion de mercredi aura, elle, une réponse en quarante-huit heures.

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