Spiko ouvre ses fonds monétaires aux stablecoins EURC et USDC, une première mondiale

Spiko devient le premier émetteur de fonds monétaires UCITS à accepter les dépôts et retraits en stablecoins EURC et USDC, via Coinbase Payments. Un pont inédit entre crypto et finance régulée.

Voir la table des matières Ne plus voir la table des matières

La frontière entre les cryptomonnaies et la finance traditionnelle vient de reculer d’un cran. La fintech française Spiko permet désormais de souscrire et de racheter ses fonds monétaires directement en stablecoins EURC et USDC, sans jamais passer par le système bancaire. L’annonce, faite le 30 juin 2026, scelle un partenariat avec Coinbase.

Pour bien saisir la portée de la nouveauté, un rappel s’impose. Spiko édite des fonds monétaires tokenisés, des produits régulés qui investissent dans des bons du Trésor à court terme et versent un rendement quotidien sur les liquidités, tout en restant disponibles à tout moment. Y entrer ou en sortir supposait jusqu’ici un virement bancaire classique.

Un détenteur d’EURC ou d’USDC peut maintenant déployer ses jetons dans les fonds en euros ou en dollars, puis ressortir tout aussi simplement, à la vitesse de la blockchain. De quoi poser une question directe : et si les stablecoins devenaient la porte d’entrée la plus naturelle vers l’épargne régulée ?

Une première mondiale pour des fonds UCITS

Les deux fonds concernés, le Spiko EU T-Bills et le Spiko US T-Bills, sont des compartiments d’une SICAV de droit français, supervisée par l’Autorité des marchés financiers. Ce sont, selon Spiko, les premiers fonds UCITS au monde à accepter nativement les paiements en stablecoins, le label UCITS représentant le standard de protection des investisseurs le plus exigeant en Europe.

La prouesse est double, à la fois technique et réglementaire. Faire approuver Coinbase comme prestataire de paiement d’un fonds par la banque dépositaire CACEIS et par le régulateur n’avait jamais été réalisé, et l’opération a demandé près de deux ans de travail. Là où un virement international met parfois plusieurs jours à se régler, le règlement en stablecoin s’effectue en quelques secondes.

Comment déposer et retirer en stablecoins

Le mécanisme reste volontairement simple pour l’utilisateur, qui n’a pas besoin de comprendre la tuyauterie sous-jacente. La nouvelle fonctionnalité autorise concrètement quatre opérations :

  • déposer des EURC ou des USDC pour souscrire directement aux fonds Spiko, en euros comme en dollars ;
  • récupérer ses avoirs en stablecoins lors d’un rachat, sans repasser par un compte bancaire ;
  • profiter de règlements quasi instantanés, pour n’importe quel montant et dans la devise choisie ;
  • conserver un accès permanent à son argent, sans préavis, ni pénalité, ni frais de retrait.

Cette capacité s’applique pour l’instant aux fonds Spiko T-Bills, et s’étendra prochainement à l’offre Smart Cash. Les clients qui n’utilisent pas de stablecoins ne perdent rien au passage : il s’agit d’une voie d’entrée supplémentaire, pas d’un changement de produit.

Le dernier mur entre crypto et finance régulée tombe

Accéder à un fonds monétaire régulé imposait, jusqu’à cette annonce, de mobiliser l’infrastructure bancaire traditionnelle : virements, banques correspondantes et cycles de règlement de plusieurs jours. Pour un trésorier qui gère ses liquidités en stablecoins, cette friction était bien réelle, et souvent un motif d’abandon pur et simple.

En s’appuyant sur l’infrastructure de Coinbase Payments comme partenaire de règlement, Spiko a bâti un rail de paiement en stablecoins qui demeure entièrement dans un cadre régulé et conforme. Côté Coinbase, on insiste sur un cas d’usage qui dépasse le simple trading, dans la lignée de les paiements en stablecoins côté Coinbase, désormais branchés sur des produits financiers concrets.

Logos de Spiko et de Coinbase côte à côte sur un fond bleu nuit.
Le partenariat Spiko x Coinbase ouvre les fonds aux souscriptions et rachats en stablecoins.

Les investisseurs natifs de la crypto, les fintechs et les organisations qui détiennent des stablecoins méritent d’accéder aux mêmes instruments sûrs, régulés et porteurs de rendement que n’importe quel investisseur traditionnel.

Paul-Adrien Hyppolite, cofondateur et directeur général de Spiko, communiqué du 30 juin 2026

Virement bancaire ou stablecoin, la comparaison

Pour mesurer le saut d’efficacité, rien ne vaut une mise en regard des deux modes d’alimentation d’un fonds. Le tableau ci-dessous résume ce qui sépare un virement classique d’un règlement en stablecoin.

CritèreVirement bancaireRèglement en stablecoin
Délai de règlement1 à 3 jours ouvrésQuelques secondes
Rails utilisésSEPA ou SwiftBlockchain via Coinbase Payments
DisponibilitéHeures ouvrées bancaires24h/24, 7j/7
TraçabilitéVariable selon les banquesNative et horodatée

Le gain le plus visible reste la vitesse, mais la disponibilité permanente compte tout autant pour des entreprises qui n’attendent plus l’ouverture des guichets. La traçabilité native de la blockchain ajoute, de son côté, un argument de conformité loin d’être négligeable.

Une porte ouverte aux trésoreries en stablecoins

Au-delà de la prouesse, la nouveauté répond à un besoin très concret. Un nombre croissant d’entreprises, de fintechs et de plateformes détiennent une partie de leur trésorerie en stablecoins, sans trouver de support régulé pour faire fructifier ces liquidités dormantes. Les fonds Spiko investissent précisément dans des bons du Trésor français, américains et britanniques.

Les flux transfrontaliers entre entreprises figurent parmi les premiers gagnants. Régler un fournisseur à l’étranger ou alimenter une filiale ne dépend plus des fuseaux horaires bancaires, et la montée des stablecoins en euros renforce cette dynamique sur le Vieux Continent. Spiko se positionne comme la couche de rendement qui s’insère dans ces nouveaux circuits.

Un usage plus inattendu pointe déjà : celui des agents d’intelligence artificielle capables de gérer une trésorerie en autonomie. Dans un contexte où l’Europe accélère sur la monnaie numérique, la combinaison d’un fonds régulé et d’un règlement programmable ouvre un terrain de jeu encore largement inexploré.

Les stablecoins, candidats au rang de rails de paiement

Cette ouverture dit quelque chose de plus large sur la direction que prend l’industrie. En faisant entrer des stablecoins au cœur d’un produit aussi encadré qu’un fonds UCITS, Spiko et Coinbase livrent une démonstration concrète de maturité, là où l’on attendait surtout des promesses. La conformité cesse d’être un frein pour devenir un argument commercial.

Reste à voir jusqu’où ce modèle essaimera, sur d’autres fonds, d’autres devises et d’autres acteurs régulés. L’Europe, qui a souvent regardé les États-Unis dicter le tempo de la crypto, tient ici une avance qu’il lui faudra confirmer. Les prochains mois diront si ce pont entre deux mondes devient une autoroute ou demeure une curiosité réglementaire.

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé

Associé à : , , , , ,


Partagez cet article maintenant !

Envoyez simplement nos contenus crypto et finance à vos proches.


Partagez votre avis