Comment importer le prix des cryptomonnaies en direct sur Excel ?

Deux méthodes font entrer un cours crypto dans une cellule Excel : les types de données intégrés, immédiats mais fragiles, et Power Query branché sur une interface publique gratuite. L'une survit aux changements de catalogue de Microsoft, l'autre non.

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Un tableur ne sait rien faire d’autre que calculer, et c’est précisément ce qui le rend utile quand on détient des cryptomonnaies. Là où une application de suivi impose ses catégories, ses graphiques et parfois son abonnement, une feuille Excel ne contient que ce qu’on décide d’y mettre : des lignes, des quantités, un prix, et les formules qu’on écrit soi-même.

Importer le prix des cryptomonnaies dans Excel consiste à faire entrer dans une cellule une valeur qui vit ailleurs, sur un serveur, puis à la rafraîchir sans jamais la retaper. Deux familles de méthodes coexistent : les types de données intégrés au logiciel, immédiats mais étroits, et l’interrogation directe d’une interface de programmation publique à travers Power Query, un peu plus longue à mettre en place et nettement plus solide. Cette seconde voie ne demande aucune ligne de code, contrairement à ce que son nom laisse craindre.

Le sujet dépasse le confort du bricoleur de tableaux. Suivre soi-même la valeur de son épargne, c’est décider quelles données on regarde et à quelle fréquence, deux arbitrages qu’une application prend d’ordinaire à votre place. Le tableur restitue ces deux décisions à celui qui détient les actifs. Alors par où commencer, et jusqu’où peut-on aller sans écrire une seule macro ?

Pourquoi suivre ses cryptomonnaies dans un tableur plutôt que dans une application ?

Parce qu’un tableur ne dépend d’aucun éditeur pour continuer à fonctionner. Une application peut fermer, changer de tarif ou retirer une fonction du jour au lendemain, comme l’a montré la disparition du couple BTC/USD des données intégrées d’Excel, signalée sur le forum Microsoft Q&A le 12 juin 2026. Un fichier local, lui, reste lisible.

L’argument n’a rien de théorique. Les applications de portefeuille agrègent, arrondissent et convertissent selon des règles qu’elles n’exposent presque jamais, et deux d’entre elles affichent rarement le même total pour les mêmes avoirs. Dans un tableur, chaque écart se retrouve en remontant une formule, opération impossible derrière une interface fermée.

Le tableur n’a pas réponse à tout pour autant. Il ne lit pas la blockchain, il ne détecte pas une transaction entrante, et les quantités détenues restent à saisir à la main. Ce que vous y gagnez, c’est la maîtrise du calcul, pas l’automatisation intégrale. Le prix, lui, s’automatise complètement, et c’est précisément là que commence le travail.

Un dernier avantage passe souvent inaperçu : le fichier se garde. Un tableau tenu depuis 2021 raconte l’histoire complète d’un portefeuille, ses erreurs comprises, alors qu’une application repart de zéro à chaque changement d’outil. Cette mémoire vaut plus cher que n’importe quelle fonctionnalité le jour où il faut reconstituer un prix de revient ou justifier une cession.

De quelle version d’Excel a-t-on besoin ?

Power Query est intégré au ruban d’Excel sous Windows depuis la version 2016, dans l’onglet Données. Les versions 2010 et 2013 réclament un complément gratuit publié par Microsoft, et les éditions antérieures ne conviennent pas. Sur Mac, la prise en charge est arrivée plus tard et ne couvre pas encore toutes les sources de données.

Vérifier la présence de Power Query en dix secondes

Ouvrez un classeur vierge, cliquez sur l’onglet Données et cherchez le bouton Obtenir des données, tout à gauche du ruban. S’il est là, tout ce qui suit fonctionnera sans installation. Sur les versions anglaises, le même bouton s’appelle Get Data, et le groupe porte le nom Get & Transform.

Si le bouton manque, deux cas se présentent. Sur Excel 2010 ou 2013 en édition Professionnel Plus, le complément Power Query se télécharge chez Microsoft puis s’active dans les options du logiciel. Sur une version plus ancienne, aucune solution propre n’existe et la mise à jour devient inévitable, faute de quoi il faudra se rabattre sur un export manuel au format CSV.

Le cas particulier des abonnements Microsoft 365

Les types de données financières d’Excel, eux, ne sont pas disponibles partout. Ils supposent un abonnement Microsoft 365 actif et une connexion permanente, puisque les valeurs viennent d’un fournisseur externe interrogé à chaque actualisation. Une licence perpétuelle achetée une fois pour toutes n’y donne pas accès.

La distinction compte au moment de choisir sa méthode. Power Query fonctionne sur une licence perpétuelle récente comme sur un abonnement, alors que les types de données et la fonction HISTORIQUE.ACTIONS restent réservés aux abonnés. Le chemin le plus universel passe donc par l’interface publique, celui-là même que la suite décrit pas à pas.

Un point de vigilance mérite d’être signalé aux détenteurs d’une licence d’entreprise. Les administrateurs peuvent désactiver les types de données connectés pour des raisons de confidentialité, puisque chaque actualisation envoie le contenu de la cellule à un service externe. Power Query n’expose, lui, que l’adresse que vous avez écrite, ce qui explique qu’il survive plus souvent aux politiques de sécurité internes.

Comment importer les prix avec Power Query et une interface publique ?

En collant une adresse d’interface publique dans Données, Obtenir des données, puis À partir du Web. L’adresse api.coingecko.com/api/v3/simple/price renvoie autant de prix que d’actifs demandés, au format JSON, qu’Excel convertit ensuite en tableau. L’interface publique de CoinGecko est gratuite et ne réclame aucune clé à ce niveau d’usage.

Les étapes, dans l’ordre

La séquence complète tient en six gestes, dont aucun ne suppose de connaissance en programmation :

  1. construire l’adresse à interroger, par exemple https://api.coingecko.com/api/v3/simple/price?ids=bitcoin,ethereum&vs_currencies=eur,usd ;
  2. ouvrir Excel, aller dans Données, Obtenir des données, À partir d’autres sources, puis À partir du Web ;
  3. coller l’adresse, valider, et laisser Excel se connecter en accès anonyme ;
  4. dans l’éditeur Power Query, développer l’enregistrement JSON renvoyé jusqu’à obtenir des colonnes lisibles ;
  5. cliquer sur Fermer et charger pour déverser le résultat dans une feuille ;
  6. relier vos cellules de calcul à ces colonnes plutôt qu’à des valeurs saisies en dur.

Le dernier point est celui qu’on néglige le plus souvent, et c’est celui qui décide de tout. Une formule qui pointe vers la cellule importée se met à jour toute seule, alors qu’un prix recopié à la main redevient faux dès la minute suivante.

Ce que renvoie l’interface, et comment le lire

La réponse arrive sous la forme d’un enregistrement JSON emboîté, dans lequel chaque identifiant d’actif contient lui-même un enregistrement de devises. Power Query affiche d’abord des mentions Record que l’on développe d’un clic. Les identifiants attendus sont ceux de CoinGecko, pas les symboles boursiers : on écrit bitcoin et ethereum, jamais BTC ni ETH, sous peine de recevoir une réponse vide.

Ce détail explique la majorité des échecs rencontrés au premier essai. La page de chaque cryptomonnaie sur CoinGecko affiche son identifiant exact, et il vaut mieux le copier que le deviner. Une réponse vide ne produit aucune erreur visible, seulement un tableau sans ligne, ce qui rend la panne difficile à diagnostiquer pour qui découvre l’outil.

Que faire quand l’actualisation échoue ?

Vérifier trois choses, dans cet ordre : l’identifiant de l’actif, le niveau de confidentialité de la source et le quota consommé. Excel affiche le message Formula.Firewall dès que deux sources de confidentialité différentes se croisent dans une même requête, et ce blocage n’a rien à voir avec l’interface interrogée.

Le remède tient dans les options de la requête. En passant le niveau de confidentialité de la source Web sur Public, dans Options et paramètres puis Paramètres de la source de données, la requête repart sans qu’il faille toucher au reste du classeur. Ce réglage se conserve d’un fichier à l’autre, ce qui évite de refaire la manipulation à chaque nouveau tableau.

Les autres pannes courantes sont plus prosaïques. Un pare-feu d’entreprise qui bloque l’appel sortant, un proxy réclamant une authentification, une adresse mal recopiée où le point d’interrogation a sauté : les trois produisent le même symptôme, une requête qui tourne puis échoue. Ouvrir l’adresse dans un navigateur reste le test le plus rapide, puisqu’un JSON lisible à l’écran signifie que le problème vient d’Excel et non du serveur.

Nous nous sommes toujours engagés à fournir aux utilisateurs des données de prix et de marché complètes, fiables et exactes, et à donner à la communauté crypto les moyens d’agir. Les utilisateurs peuvent exploiter l’information sans avoir à la consolider depuis plusieurs sources, explorer plus profondément l’écosystème décentralisé et ouvrir de nouvelles voies de création de produits.

Bobby Ong, cofondateur et directeur des opérations de CoinGecko, dans l’annonce d’ouverture des données on-chain de son interface de programmation, mise à jour le 17 février 2025

Les types de données intégrés d’Excel suffisent-ils ?

Rarement, sauf pour deux ou trois actifs très connus. Le type de données financières ne reconnaît qu’une poignée de couples, pour l’essentiel BTC, ETH, XRP, BCH et LTC face au dollar, suppose un abonnement Microsoft 365 et dépend d’un fournisseur externe libre de retirer un instrument sans préavis. La fonction HISTORIQUE.ACTIONS partage ces limites.

Le tableau ci-dessous compare les chemins possibles sur les critères qui décident vraiment de la durée de vie d’un fichier :

MéthodeCe qu’elle couvreSa limite principale
Type de données financièresQuelques couples majeurs face au dollarAbonnement requis, actif retirable sans préavis
Fonction HISTORIQUE.ACTIONSHistorique quotidien, hebdomadaire ou mensuelMême dépendance, couverture crypto très réduite
Power Query et interface publiqueLa quasi-totalité des actifs référencésUne mise en place initiale de quelques minutes
Complément tiers installé dans ExcelDes formules toutes faites, parfois enrichiesDépendance à un éditeur et souvent à un abonnement

La lecture du tableau tient en une phrase. Les deux premières lignes échangent de la simplicité contre de la fragilité, la troisième échange quelques minutes de configuration contre un fichier qui survivra aux changements de catalogue du fournisseur de Microsoft.

Cette grille de lecture n’est pas propre aux tableurs. Elle ressemble à celle qu’on applique en choisissant un outil d’analyse graphique, et le choix des indicateurs affichés obéit à la même logique : préférer ce qu’on peut vérifier à ce qu’on reçoit tout prêt.

À quelle fréquence les prix se mettent-ils réellement à jour ?

Toutes les une à cinq minutes au mieux, jamais en continu. CoinGecko met la plupart de ses points d’entrée en cache une à cinq minutes, et son interface publique tolère 5 à 15 appels par minute selon la charge mondiale. Un compte Demo gratuit stabilise ce plafond à 30 appels par minute.

La conséquence pratique mérite d’être posée clairement : une actualisation toutes les dix secondes ne donnera pas un prix plus frais qu’une actualisation toutes les deux minutes, elle consommera seulement votre quota. Le réglage utile se situe entre une et cinq minutes, dans Données, Actualiser tout, Propriétés de connexion, où une case permet de programmer l’intervalle et une autre de rafraîchir à l’ouverture du fichier.

Pour un investisseur qui raisonne en années, la question de la fraîcheur perd d’ailleurs beaucoup de son importance. Un écart de trois minutes sur un cours ne change rien à une décision d’allocation, alors qu’il change tout pour un carnet d’ordres. La fréquence d’actualisation en dit plus long sur l’usage que sur l’outil : celui qui la pousse au maximum a probablement déjà quitté le terrain de l’épargne.

Les plans payants de CoinGecko descendent à 30 secondes sur le point d’entrée des prix simples, ce qui reste sans intérêt pour un suivi patrimonial. La version gratuite couvre confortablement un fichier personnel, y compris avec plusieurs dizaines de lignes actualisées ensemble, puisqu’une seule requête peut retourner autant d’actifs que nécessaire.

Faut-il une clé d’interface pour un usage personnel ?

Non, tant que le fichier reste modeste. L’interface publique de CoinGecko fonctionne sans clé et couvre largement un tableau personnel actualisé toutes les quelques minutes. La clé gratuite du plan Demo devient utile au-delà, quand plusieurs classeurs partagent la même connexion sortante et se disputent le plafond de 15 appels par minute.

Créer cette clé revient à ouvrir un compte et à générer une chaîne de caractères dans le tableau de bord du service. Elle se passe ensuite en paramètre de l’adresse ou en en-tête de la requête Power Query. Le gain porte sur la stabilité du plafond, pas sur la fraîcheur des données, qui reste gouvernée par le cache d’une à cinq minutes.

La question mérite d’être tranchée avant de construire le fichier plutôt qu’après. Passer d’une adresse sans clé à une adresse avec clé oblige à rouvrir chaque requête de chaque classeur, opération fastidieuse quand le suivi s’est étalé sur plusieurs feuilles. Décider dès le départ épargne une reprise complète quelques mois plus tard.

Construire un tableau de suivi qui serve à quelque chose

Un fichier utile ne se résume pas à une colonne de prix. Les rubriques suivantes suffisent à couvrir l’essentiel de ce qu’un détenteur a besoin de voir :

  • la quantité détenue de chaque actif, saisie manuellement et datée ;
  • le prix de revient unitaire, qui conditionne tout calcul de plus-value ;
  • le prix courant importé, dans la devise de référence de votre foyer ;
  • la valeur de marché, produit des deux colonnes précédentes ;
  • le poids de chaque ligne dans le total, en pourcentage ;
  • l’écart entre ce poids et la répartition que vous vous étiez fixée.

La dernière colonne est la seule qui pousse à agir, et c’est souvent celle qu’on oublie. Elle transforme une photographie en instrument de pilotage, puisqu’elle indique noir sur blanc quelle ligne a dérivé de la cible que vous aviez posée, et de combien.

Ce raisonnement par poids relatif est aussi celui qui structure la lecture des risques d’un portefeuille, où la concentration compte davantage que la performance d’une ligne isolée. Un tableur rend ce diagnostic visible en une colonne, là où une application se contente d’afficher un camembert coloré.

Dans quelle devise afficher son suivi ?

Dans celle où vous dépensez, c’est-à-dire l’euro pour un résident français. Un suivi tenu en dollars mélange deux variations, celle de l’actif et celle du taux de change, et rend impossible de savoir laquelle a produit le gain affiché. L’interface accepte les deux devises dans le même appel.

Rien n’interdit pour autant de garder les deux colonnes. Le prix en dollars sert à comparer avec les chiffres publiés par la presse spécialisée, qui raisonne presque toujours dans cette devise, tandis que la colonne en euros donne la valeur réellement disponible. Une troisième colonne calculant l’écart entre les deux révèle la part du mouvement qui ne doit rien à la cryptomonnaie elle-même.

Ce détail prend de l’ampleur sur les périodes longues. Sur plusieurs années, les variations du couple euro-dollar se comptent en dizaines de points, largement de quoi transformer une performance médiocre en performance honorable, ou l’inverse. Un tableur est le seul outil qui rende cet effet visible sans effort, à condition d’avoir posé les deux colonnes dès le premier jour.

Ce qu’un tableur change dans le rapport à son portefeuille

Écrire ses propres formules oblige à savoir ce qu’on calcule. Un prix de revient moyen n’a rien d’évident quand les achats se sont étalés sur trois ans, et le fait de devoir le poser soi-même dans une cellule met au jour des approximations qu’une application aurait silencieusement lissées. Le tableur ne rend pas plus riche, il rend plus lucide.

Cette lucidité a un coût en temps, et il faut le dire honnêtement. Construire le fichier demande une soirée, le tenir à jour demande quelques minutes par mois, et personne ne viendra le faire à votre place. En échange, les chiffres qui s’affichent sont les vôtres, vérifiables ligne à ligne, indépendants de la santé commerciale d’un éditeur. C’est exactement le raisonnement qui gouverne l’auto-conservation des clés, appliqué cette fois aux données plutôt qu’aux actifs.

Reste la question que le fichier finit toujours par poser à celui qui le tient. Une fois les poids affichés et les écarts calculés, il devient difficile de ne pas voir qu’une ligne pèse trois fois ce qu’on avait prévu, ou qu’un actif acheté par curiosité occupe la place d’une conviction. Les outils de valorisation que le tableur rend accessibles prolongent naturellement ce travail, et la cellule qui affiche un écart de vingt points finit toujours par appeler une décision.

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