Pourquoi la valeur de VeChain augmente-t-elle ? Quatre raisons possibles

Marché porté par le premier ETF Bitcoin, mise à niveau PoA 2.0, adoption industrielle et virage durable : les quatre moteurs qui expliquent l'ascension de VeChain à l'automne 2021.

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Au cœur de l’automne 2021, le jeton VET signe l’une des progressions les plus régulières du marché des crypto-monnaies. VeChain, la blockchain publique conçue pour tracer les chaînes d’approvisionnement, voit son cours se maintenir durablement au-dessus de sa moyenne mobile simple à 50 périodes, un signal que les analystes techniques associent à une dynamique haussière installée.

Née en 2015, la plateforme s’est donné une mission concrète : enregistrer sur un registre décentralisé et transparent chaque étape de la vie d’un produit, de l’usine au consommateur, dans une industrie logistique qui avait peu évolué en plusieurs décennies. Avec une capitalisation qui frôle alors les 11 milliards de dollars, VET s’installe dans le top 20 mondial des crypto-monnaies. Qu’est-ce qui alimente réellement cette ascension ?

Quatre moteurs qui se conjuguent

Derrière la hausse du cours, les observateurs du projet identifient quatre moteurs distincts mais complémentaires, qui tiennent autant au contexte général du marché qu’aux avancées propres de la Fondation VeChain.

  • un marché crypto mondial en plein rallye, porté par l’approbation du premier ETF Bitcoin aux États-Unis ;
  • la mise à niveau majeure du protocole, baptisée PoA 2.0, dont le déploiement sur le réseau principal approche ;
  • une adoption réelle qui progresse, illustrée par une certification officielle obtenue en Chine ;
  • un positionnement durable, concrétisé par un partenariat d’État avec la République de Saint-Marin.

Chacun de ces leviers mérite d’être examiné séparément, car ils ne pèsent ni au même horizon ni avec la même force sur la valorisation du jeton. Le plus conjoncturel d’entre eux tient à l’état d’euphorie du marché dans son ensemble.

Un marché haussier dopé par les ETF

Le rallye de VeChain s’inscrit d’abord dans un mouvement d’ensemble. Le marché des crypto-monnaies a franchi début novembre 2021, selon les données de CoinGecko, le cap symbolique des 3 000 milliards de dollars de capitalisation cumulée, une première dans son histoire.

L’élément déclencheur est venu de Wall Street : le premier ETF adossé aux contrats à terme sur le bitcoin, lancé par ProShares le 19 octobre 2021, a dépassé le milliard de dollars échangés dès sa première journée de cotation. Cette légitimation institutionnelle a profité à l’ensemble des grandes capitalisations, et l’évolution de la capitalisation globale restera l’un des baromètres les plus suivis du secteur. VeChain dispose toutefois d’arguments qui lui sont propres, à commencer par sa mise à niveau technique.

PoA 2.0, la mise à niveau qui change l’échelle

Le calendrier technique du projet nourrit l’optimisme des investisseurs. La fondation a achevé VeChainThor v1.6.0, la version qui prépare l’activation de PoA 2.0 : son testnet a ouvert le 5 novembre 2021 et son déploiement sur le réseau principal est attendu le 16 novembre au bloc 10 653 500.

Ce protocole de consensus présenté comme le premier du genre combine la tolérance aux pannes byzantines et le consensus de Nakamoto, afin de cumuler finalité des blocs et débit élevé en neutralisant les faiblesses respectives des deux approches. Son concepteur en résume l’ambition sans détour.

PoA 2.0 introduit un mécanisme de comité de blocs qui renforce la sécurité du réseau et relève le plafond théorique de débit de VeChainThor, tout en apportant la finalité des blocs, une garantie absolue sur la sûreté du registre public.

Sunny Lu, cofondateur et PDG de VeChain, à propos du déploiement de PoA 2.0, 2021

Une mise à niveau réussie constituerait un signal fort envoyé aux entreprises qui hésitent encore à bâtir sur la plateforme. C’est précisément sur ce terrain de l’usage réel que VeChain se distingue de la plupart des projets concurrents.

Une adoption qui dépasse la spéculation

La Fondation VeChain revendique d’être la première blockchain publique à répondre à l’appel des organisations internationales en proposant une boîte à outils adaptée aux exigences du monde réel. Cette orientation se traduit par des cas d’usage tangibles, de la traçabilité alimentaire à la lutte contre la contrefaçon, en passant par la certification de documents, autant de services que les entreprises paient en usage réseau plutôt qu’en promesses.

La reconnaissance est venue aussi de Chine : l’Association chinoise de normalisation, organisme rattaché au Conseil d’État, a distingué la fondation pour sa contribution à la norme T/CAS 493-2021 encadrant les équipements électriques domestiques. Pour un projet fondé sur la conformité des chaînes industrielles, ce type de validation officielle pèse davantage qu’une envolée de cours. Elle prépare aussi le troisième pilier du dossier VeChain, celui de la durabilité.

La durabilité érigée en stratégie d’État

Le projet met en avant son empreinte énergétique réduite, son mécanisme de consensus par autorité ne nécessitant qu’une fraction de l’électricité consommée par le minage en preuve de travail. Cet argument, longtemps cantonné aux documents techniques, trouve un débouché politique inattendu.

Avec le certificateur DNV, la fondation a développé l’outil Low Carbon Ecosystem pour la République de Saint-Marin, intégré à l’agenda national 2030 du micro-État de 34 000 habitants. D’après l’annonce officielle relayée fin octobre 2021, l’objectif affiché est d’en faire le premier État neutre en carbone dont les efforts sont certifiés par la blockchain. Ce terrain d’expérimentation grandeur nature complète un écosystème applicatif où les NFT occupent une place croissante.

Des jetons non fongibles au pari de long terme

L’essor des NFT irrigue également le réseau : les frais de transaction réduits de VeChainThor, réglés en VTHO, rendent la création d’un jeton non fongible accessible pour quelques centimes, quand la même opération se chiffre parfois en dizaines de dollars sur Ethereum. Les places de marché natives se multiplient, premières briques de ce qui deviendra les mécanismes de récompense de l’écosystème.

La question de fond dépasse le cours du jour : un jeton adossé à des usages industriels vérifiables peut-il décorréler sa trajectoire de celle des actifs purement spéculatifs ? La réponse se jouera moins dans les graphiques que dans le nombre d’entreprises réellement actives sur le réseau, un indicateur public que la blockchain expose bloc après bloc.

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