Grayscale et le Nasdaq déposent une demande d’ETF Avalanche auprès de la SEC

Le Nasdaq a déposé un formulaire 19b-4 pour coter l'ETF Avalanche de Grayscale, en pleine course avec VanEck. Un test pour l'ouverture des fonds cotés au-delà du bitcoin et de l'ethereum.

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Après le bitcoin puis l’ether, c’est au tour d’un troisième jeton de frapper à la porte des marchés réglementés américains. Grayscale, l’un des plus gros gestionnaires d’actifs numériques, a engagé les démarches pour transformer son fonds Avalanche en produit coté et accessible en Bourse. Un ETF de ce type permet d’acheter une exposition à une cryptomonnaie via un simple compte-titres, sans détenir directement le jeton ni gérer de portefeuille numérique.

La démarche s’inscrit dans une vague plus large : depuis le changement de présidence aux États-Unis, les demandes d’ETF adossés à des actifs numériques se multiplient et la SEC se montre nettement plus réceptive. Cette ouverture pose une question de fond : jusqu’où le marché des fonds cotés est-il prêt à s’étendre au-delà des deux cryptomonnaies dominantes ?

Le Nasdaq dépose une demande d’ETF Avalanche

Le 27 mars, la société a franchi une étape clé en déposant auprès de la SEC, par l’intermédiaire de son partenaire de cotation le Nasdaq, un formulaire 19b-4 destiné à faire coter les parts du Grayscale Avalanche Trust. Ce document est la pièce maîtresse du processus d’approbation réglementaire.

Une fois accepté, le dossier sera publié au Federal Register et ouvert aux commentaires du public. Grayscale prévoit de convertir en fonds coté son Avalanche Trust privé existant, lancé en août 2024, qui gère aujourd’hui environ 1,7 million de dollars d’actifs. La bascule vers un ETF abaisserait les barrières techniques et rendrait l’AVAX accessible aux investisseurs particuliers comme institutionnels.

Deux démarches réglementaires avancent en parallèle. Le formulaire 19b-4 engage la Bourse qui souhaite coter le produit, tandis que l’enregistrement S-1 concerne le fonds lui-même : les deux volets doivent aboutir pour qu’un ETF voie le jour. Cette double procédure explique la longueur des délais d’instruction côté régulateur.

Une mécanique calquée sur les fonds bitcoin et ether

Le produit envisagé fonctionnerait à l’image des fonds bitcoin et ether déjà proposés par Grayscale : il suivrait la valeur de l’AVAX, la cryptomonnaie native du réseau Avalanche, pour offrir une exposition indirecte sans détention de l’actif. Le dossier documente aussi les prestataires chargés de faire tourner le véhicule.

  • Coinbase Custody Trust Company assure la conservation des jetons AVAX ;
  • BNY Mellon intervient comme administrateur et agent de transfert ;
  • Foreside Fund Services pilote les efforts de commercialisation ;
  • CoinDesk Indices fournit l’indice de référence pour le suivi du prix.

Cette répartition des rôles entre acteurs établis vise à offrir aux investisseurs un cadre réglementé et des garanties institutionnelles. Le réseau Avalanche, réputé pour la rapidité de ses transactions, s’appuie de son côté sur une architecture répartie entre trois chaînes distinctes.

Une course lancée avec VanEck

Grayscale n’est pas seul sur ce terrain. VanEck a récemment soumis à la SEC son propre enregistrement S-1 pour un ETF AVAX, ce qui installe une concurrence directe entre deux gérants majeurs autour du même actif. Ce duel témoigne d’un intérêt institutionnel grandissant pour des réseaux alternatifs au bitcoin et à l’ethereum.

Le gérant ne s’arrête d’ailleurs pas à Avalanche. Grayscale administre une série de fonds mono-actifs qu’il cherche à convertir un à un en produits cotés, du solana au litecoin, à mesure que la fenêtre réglementaire s’entrouvre. Cette conversion en cascade pourrait redessiner l’offre disponible pour les investisseurs.

Le mouvement dépasse le seul Avalanche. Il rejoint une dynamique visible avec le lancement, quelques mois plus tard, de produits cotés adossés à d’autres jetons, signe que la demande pour des enveloppes réglementées se diffuse à l’ensemble des grandes cryptomonnaies.

L’AVAX sous pression malgré la nouvelle

La perspective d’un fonds coté n’a pourtant pas soutenu le cours. D’après les données de CoinMarketCap, l’AVAX a reculé de plus de 8 % en vingt-quatre heures, pour se négocier autour de 20,09 $ au moment de la publication. Sur trente jours, la baisse dépasse même 10 %.

Ce repli ne concerne pas que le jeton d’Avalanche. Les autres grandes cryptomonnaies, XRP, ethereum et solana en tête, affichent également des pertes, ce qui traduit une correction généralisée du marché plutôt qu’une défiance ciblée envers l’AVAX. La déconnexion entre l’actualité réglementaire et le prix illustre la nervosité ambiante.

Un régulateur américain plus ouvert

La position de la SEC sur les fonds indexés sur des actifs numériques a nettement évolué depuis l’entrée en fonction de la nouvelle administration. Sous la houlette du président par intérim Mark Uyeda, la commission affiche une ouverture inédite envers les produits cryptos, ce qui a déclenché une avalanche de nouvelles demandes de cotation.

Ce climat n’échappe pas aux observateurs des marchés, qui anticipent une accélération des cotations après l’approbation des premiers ETF Bitcoin au comptant au début de 2024. Nate Geraci, fin connaisseur du secteur, résume l’état d’esprit du moment.

Les vannes des ETF crypto sont sur le point de s’ouvrir pour l’ensemble du secteur : après le bitcoin, le marché se prépare à une série de produits adossés à d’autres jetons.

Nate Geraci, président de The ETF Store, à propos de la multiplication des demandes d’ETF cryptos, 2025.

Ce que l’ouverture aux altcoins met en jeu

L’enjeu dépasse le sort d’un jeton en particulier. Si le fonds Avalanche est validé, il ouvrira une brèche pour une génération de produits indexés sur des réseaux jusqu’ici tenus à l’écart des circuits traditionnels. La SEC dispose d’un délai réglementaire courant jusqu’au 10 octobre 2025 pour se prononcer, un calendrier scruté par tout le secteur.

Un feu vert ferait d’Avalanche un cas d’école : la preuve qu’un actif hors du duo bitcoin-ethereum peut rejoindre les rails de la finance classique. Un refus, à l’inverse, rappellerait que la prudence du régulateur reste de mise face à des jetons plus volatils et moins liquides.

Reste à mesurer ce que cette normalisation change pour l’investisseur ordinaire, désormais susceptible d’accéder à des altcoins depuis son courtier habituel. Le dossier d’Avalanche devient ainsi un test grandeur nature de l’appétit des fonds institutionnels pour les cryptoactifs, bien au-delà des seules valeurs vedettes.

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